Votation du 18 mai sur le salaire minimum

Il n’est pas admissible que dans notre pays plus de 330’000 personnes, dont trois quarts de femmes( !), ne parviennent pas à assurer leur subsistance ou celle de leur famille avec leur salaire alors qu’elles travaillent à plein temps.

Même Adam Smith, le père du libéralisme, disait qu’ « un travailleur doit pouvoir vivre de son travail ; son salaire doit assurer sa subsistance ! »

Il n’est pas normal que ces personnes doivent être aidées par l’aide sociale et que les collectivités publiques doivent ainsi compléter les salaires insuffisants versés par les employeurs…. Alors que ce sont souvent les mêmes milieux qui s’insurgent contre la croissance démesurée des charges d’aide sociale !

Que faire pour mettre fin à ces situations intolérables ?

On entend très souvent que notre pays serait le champion du dialogue social et que cette question doit être réglée par le biais des conventions collectives de travail négociées entre partenaires sociaux. Nous sommes aussi convaincus que ce serait là la meilleure solution, qui permettrait en particulier d’avoir une approche différenciée avec des salaires minimaux fixés selon les branches professionnelles et selon les régions !

Mais le problème est que moins de 50% des salariés sont couverts par une convention collective de travail et comme ces CCT ne prévoient pas toutes un salaire minimum, ce ne sont en réalité que 40% des salariés qui sont au bénéfice d’une telle garantie !

Nous sommes donc loin d’être les champions des CCT, en effet, plusieurs pays ont des taux de couverture de plus de 90% de salariés qui sont au bénéfice d’une CCT, citons par exemple : l’Autriche (99%), la Belgique (96%) ou encore la Suède (91%).

Un autre argument déterminant en faveur du soutien à l’initiative est qu’un salaire minimum permet de faire barrage à la sous-enchère salariale qui est pratiquée surtout dans les régions frontalières.

L’introduction d’un salaire minimum généralisé est une des mesures d’accompagnement qui doit impérativement être maintenue en dépit des menaces qui planent sur les accords bilatéraux suite à la remise en question de la libre circulation des personnes !

Certains des perdants du 9 février qui tiennent au maintien du recours possible à la main d’œuvre étrangère pour tous les avantages qu’elle apporte à notre économie devraient bien s’en souvenir… et modérer un peu leurs attaques face à cette initiative… ou alors faire des propositions concrètes pour s’attaquer au grave problème des salaires insuffisants et de la pauvreté dans notre pays !

Alors que ces 20 dernières années, la productivité, les bénéfices de la plupart des entreprises et les salaires des managers n’ont cessé d’augmenter, il est vraiment temps de mettre fin au scandale des travailleurs pauvres dans notre pays si l’on veut sauvegarder la cohésion sociale et la paix du travail.

Il n’est en effet pas tolérable que de jeunes familles doivent par exemple renoncer à avoir le nombre d’enfants désiré en raison d’un revenu insuffisant… même Angela Merkel, qui n’est pourtant pas une gauchiste, a accepté d’introduire un salaire minimum en Allemagne car elle réalise bien que les salaires de misère et les emplois précaires représentent une « bombe sociale » dangereuse pour l’avenir de son pays.

Et à ceux qui agitent l’épouvantail du chômage en cas d’acceptation de l’initiative, rappelons qu’en Grande-Bretagne, qui a introduit comme beaucoup d’autres pays le salaire minimum en 1999, on a au contraire assisté depuis lors à la création de nombreux emplois (augmentation de 25% dans certains secteurs)…. Notamment parce que des travailleurs sous-payés auparavant devaient travailler à plus de 100% et qu’ils ont pu ensuite libérer leurs heures supplémentaires pour créer de nouveaux postes de travail.

 

Jacques-André Maire

Conseiller national PS/NE

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