Initiative populaire « sauvez l’or de la Suisse » Attention danger !

Rappelons que cette initiative déposée le 20 mars 2013 (avec 106’052 signatures), demande que la BNS détienne au moins 20% de ses actifs en or et que celui-ci soit stocké en Suisse de façon inaliénable. (Pas de vente possible de cette part du bilan !)

C’est une initiative qui est très imprégnée de deux mythes au moins, à savoir :

–         Celui que l’or serait une valeur sûre et un placement ne présentant pas de risque… alors que la réalité d’aujourd’hui montre clairement que l’or est parmi les placements les plus volatils et donc parmi les plus risqués pour une banque centrale… il suffit de rappeler les résultats calamiteux de la BNS en 2013 dus essentiellement à l’effondrement du cours de l’or qui a perdu 30% environ de sa valeur en une année provoquant des pertes de près de 15 milliards pour la BNS !

–         L’autre mythe consiste à penser que seule la Suisse est un lieu sûr pour stocker des réserves d’or… alors que c’est précisément pour des raisons de sécurité que la BNS stocke 30% de ses 1040 tonnes d’or (20% à la Banque d’Angleterre et 10% à celle du Canada) ! En comparaison, pour les mêmes raisons de répartition des risques, l’Allemagne stocke 50% de ses réserves d’or à l’étranger !

Outre ces références mythiques, il convient de rappeler que la parité des monnaies avec l’or a été abandonnée progressivement par les nations à partir de 1971 (sous Nixon aux USA), abandon confirmé dans le droit international en 1978 dans les conventions du FMI et qui est devenu effectif en Suisse à la fin des années 1990 avec la révision de la Constitution fédérale !

A la demande notamment du Parlement, la BNS a vendu de grandes quantités de son or au début des années 2000 et il est aujourd’hui laissé à notre banque nationale l’appréciation de décider de l’ampleur des réserves monétaires à constituer pour être suffisantes ainsi que la part qu’il convient d’en détenir en or. A fin 2013, la part en or des actifs de la BNS était de 7,3 % (soit 1040 tonnes d’or).

L’autonomie de gestion laissée à la BNS est primordiale pour qu’elle puisse remplir au mieux ses missions principales, à savoir de poursuivre une politique monétaire qui garantisse la stabilité des prix et qui contribue au développement de notre économie !

En effet, pour réaliser ces objectifs, et pour mener une politique monétaire efficace pour protéger et soutenir l’économie suisse, la BNS doit pouvoir gérer ses placements de façon souple et responsable et intervenir de manière rapide sur le marché des changes.

L’introduction d’un taux plancher (de Fr. 1,20 pour 1 Euro) en automne 2011 est une démonstration de l’efficacité de ce type d’interventions dont notre économie a un besoin impérieux !

Les contraintes qu’imposerait l’acceptation de l’initiative sont tout simplement inconciliables avec ces exigences !

La BNS devrait ainsi commencer par acheter pour 63 milliards de francs d’or pour atteindre les 20 % exigés ! Inutile de dire qu’une telle opération perturberait complètement le marché de l’or.

La BNS devrait ensuite racheter une grande quantité d’or supplémentaire en cas de baisse du cours du métal jaune qu’elle ne pourrait ensuite pas revendre. Ces restrictions seraient de plus connues du marché et cette situation nuirait à la crédibilité de la BNS et saperait gravement la confiance des marchés.

Un accroissement de la part d’or dans le bilan de la BNS finirait donc, à coup sûr, par entraîner une diminution du bénéfice qui peut, lorsque la situation est favorable, être distribué à la Confédération et aux cantons.

Pour que la BNS puisse continuer d’agir avec suffisamment d’indépendance et d’efficacité, il faut clairement rejeter cette initiative paralysante qui relève d’un autre âge et qui serait suicidaire pour l’économie suisse !

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